Foreningen Skånsk Fremtid 

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA FRANCE

(Åbent brev til den franske præsident - på dansk)

Monsieur le Président de la République,

Quand le Danemark fut contraint en 1658 de céder les provinces de Scania, Halland et Blekinge à la Suède après une guerre perdue, un ambassadeur français, Hugo Terlon, assistait aux négociations de paix et répresentait le roi Louis XlV pendant la signature du traité de Roskilde le 26. février 1658.
Le traité garantissait dans son paragraphe 9 que les habitants danois des provinces cédées devaient garder leurs anciens droits et lois, privilèges et libertés sans être inquiétés.
Néanmoins une suédification brutale fut immediatement entreprise dans les provinces conquises. Quand le Danemark, en 1675, entra en guerre contre la Suède pour venir en aide à ses anciens compatriotes, la France, en tant que garante de la paix de Roskilde déclara la guerre au Danemark le 28. août 1676. Le Roi danois Christian V protesta alors en rappelant que c'était les Suédois qui avaient violé les conditions de la paix. Mais la France se crut davantage liée par ses pactes d'alliance avec la Suède.
La nouvelle guerre fut plus heureuse pour les armées danoises, et de grande parties du territoire de Scania furent reconquises. Mais devant la menace d'une offensive française, Christian V indiqua au maréchal Crequi, commandant des forces francaises, qu'il était prêt à confier la recherche de la paix à Louis XIV afin que le monarque français trouve les conditions d'un accord juste et raisonable.
A l'initiative de l'ambassadeur de France en Suède, Isaac de Pas, marquis de Feuqières, les belligérants se sont rencontrés dans la cathédrale de Lund pour des négociations préliminaires le 12. mai 1678. Mais comme Louis XIV craignait de trop longues déliberations, il decida d'imposer sa paix. Ainsi, le 23. août 1679 il dictait au château de Fontainebleau les conditions de paix, qui arrêtaient la "Guerre de Scania". Selon ces conditions, les troupes danoises devaient se retirer des villes et territoires conquis, et la Suède devait garder la plupart des anciennes provinces danoises. Mais les stipulations du traité de Roskilde, selon lesquelles les habitant de Scania devaient garder leurs droits etaient reprises dans le traité, qui fut signé à Lund le 27. septembre 1679. Comme l'ambassadeur Isaac de Feuqières était cosignataire de ce traité pour le Roi, la France demeure la puissance garante de ce traité de paix.
Cela n'a pas seulement un intérêt historique. Les traités de Roskilde, Fontainebleau et Lund sont violés aussi de nos jour par la Suède. Les habitants des provinces scaniennes sont privés de leur droit de connaître leur propre histoire; on leur à imposé la langue suèdoise et des lois suédoises. Actuellement la Suède est en train de diviser les anciennes provinces danoises et d'imposer des nouvelles frontieres administratives. Le Blekinge de l'Est craint d'être uni avec le département de Kalmar, le nord de Halland risque d'être uni avec Gothenburg.
Demembrer Halland et Blekinge serait une violation grave des traités, dont la France est cosignataire. L'association Skånsk Fremtid supplie, au nom des patriotes scaniens, la France de tenir ses obligations de garante des traités.
Pour souligner que les anciennes provinces danoises prennent toujours une position à part dans la nation suédoise après 350 ans, il peut être ajouté qu'une association soeur en Scanie est membre de l'Organisation des Nations et Peuples non representés, dont le siège est à la Haye, car les scaniens ne se sentent pas representés par le gouvernement de Stockholm, mais désirent une forme d'autonomie à l'intérieur des frontières de la Suède.
Monsieur le Président de la République, nous vous demandons, au nom des habitants de ces provinces et du peuple danois, qui ont toujours placé dans la France leur confiance et qui souhaitent toujours le faire même s'ils ont pu avoir le sentiment de n'en avoir pas été recompensés, d'assumer les obligations qui vous incombent en tant que garant des traités signés par la France ou sous sa protection.


Un article du journal Skånsk Fremtid numéro 27 (1999)